vendredi 14 mars // 23:15
Hophop, un petit post pour remplir, devant un épisode de Friends que j'ai déjà vu.
Pas grand chose de nouveau depuis hier. A la suite de mon irrepressible envie de hot-dog hier soir (rien de seksuel là-dedans - quoi que...), j'ai essuyé le terrible échec de la fermeture de la Bagel Factory. Je me suis donc rabattue sur un fish'n chips, d'où je suis sortie, sans trop comprendre comment, avec une énorme boîte pleine de gras, de vinaigre, de frites et de peau de poulet. Un bien beau kilo de lipides que j'ai mangé devant la mer, et qui m'a rendue malade tout la soirée, mon estomac ne devant plus être habitué à être autant malmené.
Ma cruauté sans nom m'a ensuite poussée à aller nourrir les cygnes et les canards avec les restes d'un de leurs congénères : le poulet que je n'ai pas pu finir. Ils ont eu l'air d'aimer ça. Hinhinhin.

J'ai ensuite passé la pire nuit de ma vie (j'exagère à peine), mon allergie ne s'étant pas arrangée : je me suis grattée toute la nuit, le corps recouvert d'ignobles plaques rouges. Dans mon délire nocturne, je me voyais déjà rentrer en France pour réactions psychosomatiques sévères. Le bad.
Ce matin, complètement explosés, mon café et moi nous sommes encore faits virer de la cuisine.
Sortie en ville, temps de merde, humidité qui s'infiltre jusqu'aux os, vrai repas dans un pub, où j'ai pu être témoin de la passion des irlandais pour les courses de chevaux. 15 gros burinés debout devant la télé qui hurlent des encouragements à trois chevaux, je peux vous dire que ça fait drôle. Ils seraient heureux avec canal+ ici.
J'ai déhambulé deux petites heures dans Galway, envoyé un colis à mon namoureux, me suis fait voler son parapluie (c'est mesquin quand même).
Cet aprem, le temps de merde ne s'arrêtant pas, je suis restée à l'auberge avancer ma recherche de stage à Montreal, coupée vers 20h par l'arrivée d'une horde de blondasses hystériques qui devaient sûrement faire un concours de décibels ou de fréquence. Ne tenant plus, je suis allée prendre l'air un petit coup.
Demain, je prends le bus à 11h, direction Cork où je resterai jusqu'à mercredi.
En attendant, ce soir c'est la soirée St Patrick à Belfort. Il y a un an exactement, après un concert à la Poudrière, mon fillot posait une galette à la Guinness sur mes pompes, ce fillot qui est devenu mon amoureux. C'est fou tout ce qui a changé depuis, et c'est tellement agréable de s'en rendre compte aujourd'hui.
jeudi 13 mars // 19:22
Premier jour sans photo. Ca a bien commencé ce matin avec un réveil en fanfare par un bobby du dortoir qui a vomi ses tripes dans la salle de bain, d'une façon très euh... expressive. Genre je gerbe comme un ouf et je veux que tout le monde le sache. Le hurlement du raoul. Horrible.
Arrivée à 9h50 dans la cuisine, je me bats pour avoir du café avant qu'il ne soit rangé, puis je me fais virer comme une malpropre à 10h pour nettoyer la cuisine. Mais très bien. ("Wait a minute I just gobe my coffee please mais bon fuckgrmbl"). M'enerve de plus en plus cette auberge. Je prête ma carte de la chambre au français qui part ce matin et qui s'est levé trop tard pour avoir le temps de sortir ses affaires avant que la sienne ne soit désactivée (à 10h pétantes donc), et j'en profite pour faire un skype avec mon namoureux au foyer, ce qui fait bien plaisir toudmeme.
Je prends ma douche et je me rends compte que mes démangeaisons ne se sont pas arrangées : en fait j'ai le corps couvert de plaques et de petits boutons rouges. Trop bien.
Virée au Lidl à coté (c'est bien, je suis pas dépaysée) ou je me trouve un peu de bouffe, du café et du gel douche non allergisant (enfin j'espere), et en sortant je vois que tous les gens attendent à l'intérieur qu'il s'arrête de pleuvoir. Vu la rapidité des averses, je me dis pourquoi pas. J'attends une minute, 2 minutes, 5 minutes, il pleut toujours, je me dis bon, c'est que de l'eau, sont un peu mous quand même les gens, allez j'y vais. Bon ben j'ai compris. J'aurais pas dû.
-> Ne jamais sous-estimer l'effet mouillant de la saucée irlandaise.
Bon aujourd'hui sera une journée pas violente. Où j'ai reçu un mail de Crimpet qui me dit mais ouiiii, on s'en fouuuut, profite de ton voyage c'est trop bien, et où je me suis rendue compte que statistiquement, sur 5 personnes que j'ai rencontré qui sont venues chercher un taf en Irlande, 4 ont fini par voyager pour en profiter un maximum (quitte à rentrer plus tot) et 1 n'a pas trouvé de boulot. Yay. Où je me suis rendue compte aussi qu'une bonne copine du collège est en ce moment jeune fille au pair à Killkenny, qui sera du coup surement ma prochaine étape après Cork.
J'ai quand même pu faire preuve de ma profonde boulettitude cet après-midi, en oubliant un sac rempli de trucs zé de machins que je venais d'acheter, et que j'ai dû racheter. La tête du caissier, c'était assez rigolo.
Pis j'ai réussi à me pinter la gueule avec une demi pinte de Guinness. La honte quand même.
Ce soir promenade au bord de l'eau et peut-être plannifiage plus poussé des prochaines semaines, si je ne veux pas me retrouver sans toit sur ma tête.
Et pis là ya un type qui est en train de se faire un hot-dog odorant dans la cuisine, et je vous laisse, parce qu'il me faut un bagel sausage eggwork with ketchup bien gras. Tout de suite.
mercredi 12 mars // 20:54
Bon, vous pouver oublier le billet d'hier. Après l'avoir posté, je vérifie que tout est bon, jusqu'à ce que je trouve sur les horaies de bus, en tout petit, des "Thursday only", "Friday only"... Bref tout tombe à l'eau. Les mega balls. Le mega bad. Je vous passe les détails.
Solution de repli : Clémence, une amie d'enfance, fait ses études à Cork en ce moment, alors samedi, zou, Cork. Pour la St Patrick ya moyen que ca poutre bien. Et on verra pour après.
Nouvel arrivage dans le dortoir hier, dont 2 français venus chercher du taf à Galway, qui a fini par faire le tour de l'Irlande, et du Connemara. Mais avec une voiture. Bleh.
Autre nouvel arrivant, un irlandais assez prolixe, qui nous parlera jusqu'à ce que je m'endorme, vers minuit et demi, en l'écoutant parler de sa passion pour la littérature française, Baudelaiwe, Wousseau, "le contrwat social", toussa. Bavard je vous dit.
Quand je me réveille ce matin, la tête qui tourne parce que décidément, je ne mange pas assez, le gars est encore en train de parler. Bon, je pense qu'il a dormi entre temps, mais bon, l'effet était intéressant.
Au petit dej, super ravie, je trouve UNE tartine qui reste dans le bac à "free food", avec un pot de marmelade. Trop heureuse, je la mets dans le grille-pain, et là forcément, je la brûle. Imaginez mon désespoir. Bleh.
Bon bref, forcément monsieur bavard, qui a fait des études de photos à Galway et qui a depuis bougé à Dublin, me propose de me montrer que Galway mais si, c'est joli, tu vas voir, mais non t'inquiètes pas, je vais pas te rape in the woods. Après examen de sa (euh) carrure, j'accepte.
Nous avons donc remonté le fleuve Corrib pour nous retrouver pluzoumoins dans la pampa, sur un tout petit chemin. A un moment il prend un chemin de traverse pour se retrouver face à l'eau, enlève ses pompes, remonte son pantalon, ancre ses pieds dans l'eau, ferme les yeux, écarte les bras et nous commence une prière. Euh. T'aurais pas pu me le dire avant que t'étais prof de Tai-Chi andouille ?
Bref, je suis tombée sur un gros hippie, qui m'a parlé toute la journée, dans le désordre, de Chakra, de Yoga, de Lao-Tseu, de végétarisme, de l'énergie féminine de la terre, de quelles fougères manger quand j'ai mal aux reins et de l'importance des canards dans la mythologie celte (je vous jure que c'est vrai).
J'ai donc pu apprendre quelques bases de Tai-Chi dans un environnement absolument magnifique, pieds nus dans la terre, qui ma complètement relaxée jusqu'à ce que le gars, pendant un mouvement "d'échange d'énergies entre nos deux coeurs" (sic), me dise "c'est très profond, c'est pareil que le sexe". Mamaaaan. Et demain tu m'apprends le sexe tantrique aussi ? Bon ne nous affolons pas, cette homme n'est pas dangereux, tout au plus un peu original. Je gère.
Je me suis fait offrir un vrai repas, très copieux, dans un pub, puis nous avons bougé vers Salthill, le village à coté de Galway qui a pour seul mérite d'être le long d'une grande plage de galets. Temps horrible, vent froid monstrueux et subitement, le gars décide qu'il a envie de se baigner. Pour se connecter à l'énergie de la terre. So healthy you know. Bon moi à ce niveau-là ça me fait plus rien, je nage dans le n'importe quoi depuis le début de la matinée de toute façon. Nous voila donc partis vers un hôtel pour emprunter une serviette (oui parce que bon, quand même). Par chance, la fille à la réception a refusé.
Nous avons fini par rentrer à Galway (où il a tenté de m'inscrire dans un cours de zen) en longeant la côte, puis nous somme séparés à l'auberge où je n'avais qu'une envie : une douche bordel !
Une fois sur place, les 2 bretons de mon dortoir me proposent un plan dégustation de vin gratuite à deux pas, mais je suis trop crevée, je reste là. Ce soir je pense que je vais pas durer longtemps.









mardi 11 mars // 19:00
Bon, la tempête n'a pas arreté cet après-midi, je suis donc restée bien au chaud ce qui m'a permis de peaufiner mon plannifiage de tour du Connemara. (Qui a dit "maniaque" ?)
Si tout va bien, ca va donc ressembler à ça :
La légende d'abord : les lignes sont les trajets (nooooon ?), en orange, le bus, en bleu, en bateau, en violet... avec mes papattes. Les points bleus sont les étapes (= là où je vais dormir), les points roses des visites que je ferai en une journée (= ça se fait vite OU j'ai pas trouvé d'endroit où y dormir).
Bon comme ça peut sembler abscon comme ça, un petit résumé :
Samedi (15 mars donc), départ pour Cashel en bus, petit village joli (enfin il parait, je me méfie maintenant). J'y passerai 3 jours dont un à Roundstone (comme conseillé par l'ami ZapS), jouli petit village de pêcheurs qui n'est pas très loin.
Mardi 18, départ en bus pour Clifden, petite capitale du Connemara (et accessoirement placement de la fumerie de saumon de la famille de mon voisin à Belfort). Comme j'y ai trouvé une auberge en plein centre pas trop chère, et surtout qu'il y a plein de magnifiques balades faisables par des non randonneurs à fesse molle de mon genre, j'y resterai 6 nuits. Je vais essayer de prendre une journée pour aller visiter Inishbofin, une île soit-disant magnifique de oufmalade. Mais ça risque d'être compliqué vu, encore une fois, qu'on est pas du tout en pleine saison.
Lundi 24, départ en bus pour Letterfrack, petit village étape qui a surtout comme intêret d'être entre la presqu'île de Renvyle et le parc naturel du Connemara, que je visiterai tous les 2 à pieds.
Enfin, jeudi 27, départ en bus pour Leenane, ou se trouve la dernière étape. J'y ai réservé 4 nuits (ce sera pas de trop vu que je pense que je vais être complètement claquée après avoir marché sans arrêt à Letterfrack). Je prendrai sûrement une journée pour faire ma touriste feignasse et aller visiter le fjord du Killary en bateau. Pour le reste, ça m'a l'air d'être un endroit stratégique pour les randonneurs, alors on verra bien comment ça se présente. Au pire, j'aurai le wifi illimité :D
Et après ? Aucune idée.
Bon, finalement hier soir, pas de pub. En effet, quittant l'auberge vers 21h après avoir passé l'après-midi à planifier mes 2 prochaines semaines, je m'attendais à trouver une vie nocturne toute animée, jeune, toussatoussa. Que nenni. C'est tout vide, quelle tristesse. Les seules sources de musique que j'ai pu trouver ont été 3 SDF qui jouaient du violon ou de la guitare dans la rue. C'est la fête...
Je suis rentrée dépitée et déprimée à l'auberge, où j'ai passé la soirée à chercher des entreprises à Montréal qui seraient d'accord pour m'accepter en stage le semestre prochain. Oui parce qu'il y a ça aussi, et que je me suis pris un violent coup de stress dans l'après-midi... Je me couche vers minuit après une séance de skype qui n'a pas été loin de m'essorer les yeux.
Ce matin, réveillée à 8 heures par 2 bobbys en slip qui parlaient une langue non identifiée. Je gobe mon café, je prends une bonne douche et je sors manger.
En potassant mon Routard un bagel à la main, je prends une décision : jeudi j'irai visiter les îles Aran. Au nombre de 3, elles sont accessibles par ferry depuis la côte, malheureusement je voulais visiter la plus petite et la plus sauvage d'entres elles, 3 km2, 260 habitants : Inisheer ("conviendra aux romantiques de tout poil ou aux grands solitaires" d'après monsieur Routard... parfait) mais elle n'est pas accessible en période creuse... fuck. Je me rabattrai sur la plus grande, Inishmore. Tampis.
J'ai ensuite déambulé pendant 2 heures dans Galway, histoire de voir les coins que j'aurais pu rater. Bon, j'avais rien raté. J'ai encore pu apprécier les caprices du temps, j'ai tout vu : grand soleil, pluie à grosses gouttes, crachin, vent... mais un de ces vents. Jamais vu ça. Je me suis fait de bonnes frayeurs les pieds pas loin du bord.





Bon faut l'avouer, j'ai encore complètement autisté avec mon appareil photo ce matin. J'ai eu en plus la chance de tomber sur un héron, sûrement bourré au baies, qui tapait un fixe au bord de la route, et qui en plus arrivait pas tellement à tenir sur ses papattes et à braver le vent. Il a d'ailleurs failli se ramasser plusieurs fois. Quel con ce héron.


Bref là c'est la super tempête dehors, je viens de marcher plusieurs heures contre le vent et l'air de la mer et je suis déjà complètement fourbue. Ca craint. (on me signale 76% d'humidité à la météo. Wow)


A bientôt pour un post prérécapitulatif de mon programme à venir...
Gros coup de mou. Galway le soir c'est mort et vide, et mon truc poilu me manque. BLEH.
Demain je vous raconterai de quoi seront faits mes 2 prochaines semaines.
lundi 10 mars // 17:13
Bon, hophophop, espérons que la fréquence de postage va se maintenir comme ça.
Ce matin j'ai été réveillée par un sèche-cheveux. Supaire. En fait j'étais dans un dortoire pour filles, et on peut dire que oui, c'étaient des vraies filles. Voyager avec 2 paires de tongs, 5 tubes de crème et un sèche-cheveux, voilà qui m'échappe complètement, mais bon, si ces quiches peuvent le faire, alors moi aussi. Du coup n'ayant pas croisé un seul sèche-cheveux depuis mon arrivée à l'utbm, ça m'a quand même fait un choc.
Comme hier j'avais mangé en tout et pour tout une tranche de pain de mie, un club sandwich infâme et un bounty, je me suis dirigée avec entrain (ouai, oupa, en fait je collais de partout, mais chut) vers la salle commune, et là, surprise, pas de petit dej. Genre un billard, une télé avec le satellite, le wifi, mais PAS DE FUCKING BREAKFAST. Juste du café instantané, à volonté jusqu'à 10 h (après une gentille employée le cache dans un placard jusqu'au lendemain matin). Trop bien.
Je boi mon café en grognant jusqu'à 10h, je rentre à ma chambre pour sortir mes affaires et les déménager (je vais dans un dortoir mixte), et la paf la carte qui marche plus, parce que c'est check-out à 10 h et pas une minute de plus. La je commence sérieusement à m'énerver. Bite.
Bref une fois ce problème réglé, je suis informée que je n'aurai le droit d'emménager dans ma nouvelle chambre à 15h, très bien, je vais faire un tour.
Grand soleil , je me pose dans un bordel qui fait des bagels, et ENFIN je me remplis avec un délicieux bagel à l'omelette et au bacon. Miam.
Une fois bien calée, je me mets en quête de la mer. Je traverse les rues piétonnes, bon, intérêt limité quand même, je tombe sur le pitit port, je choppe une promenade le long de la côte.
Là, je tombe sur Joe, un adorable petit vieux tout buriné, avec son bonnet qui sent la moule, qui commence à me baragouiner des trucs. Oui je sais je suis jolie, non je ne chante pas (??), ouai les cygnes c'est jolis. Il m'explique plein de trucs, me fait un gros hug à la fin tout en me souhaitant bon voyage. Yeah. Ca change des poufs de l'auberge.
Bon ça commence à devenir très joli, photos en vrac :




Par contre il commence à pleuvoir de plus en plus fort, avec un vent incroyable. Comme me l'avait dit le vieux Joe, je suis tarée de me balader comme ça avec seulement mon petit manteau, sans capuche. Comme il avait raison. Je fais le chemin du retour, complètement trempée et gelée, et je me pose dans un pub rempli d'habitués, tout burinés eux aussi (décidement...), ou je me régale s'une sousoupe maison au poulet, avec son pain complet. Miam.

(Buée sur l'objectif...)
Après ces 3 heures de marche et un petit détour par l'office du tourisme pour récupérer les horaires de bus, je rentre à l'auberge, complètement fourbute.
Ce soir je pense retourner au même pub pour le concert journalier de musique traditionnelle. Ptet jpourrais reparler avec des ptits vieux sympa.
dimanche 09 mars // 22:11
Hello mes fans déchaînés, cette fois, c'est de la pièce commune d'une auberge de jeunesse de Galway que je vos écris, entre un bounty, Scrubs et Gorillaz (encore une fois, ces gens ont bon goût.)
Il ne s'est pas passé grand chose aujourd'hui, enfin en apparence, parce que dans me tête c'est branle-bas de combat (euh, comment ça s'écrit ça ? Et qu'est-ce que cest que cette expression ridicule ?)
Après mon épisode de Lost, j'ai dormi comme une bûche. Réveillée à 8h, j'ai passé une heure seule dans la salle commune à contempler mon mug de café en lisant vaguement un magazine sur les exploits de backpackers célèbres - genre le backpacker en chaise roulante ou le backpacker aveugle. Pourquoi pas...
Bref, une douche avec 3 allemandes squelettiques et aux voix suraïgues plus tard, plus un petit blabla avec le français rentré complètement bourré dans la nuit dans mon dortoir, je suis dans la rue avec mon sac de 20 kg sur le dos. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que j'en chie avec mon petit dos et mes petites cuisses. Arrivée à la gare routière, je me prends le dernier Rolling Stone, je chope le premier bus pour galway et c'est parti. Bon évidemment comme je suis complètement à la masse comme d'hab, je me rends compte une fois démarrés a midi que non, c'est pas 2 heures le trajet, c'est 4 heures. Enorme angoisse. JE VAIS MOURIR DE FAIM.
Je suis assise toudevant, et j'en prends, encore une fois, plein les yeux. Les couleurs, le contraste, les reflets (oui je suis autiste), les moutons, les nuages, le vert fluo, les giboulées de 3 minutes qui laissent place à un magnifique soleil 5 fois de suite, c'est... magnifique. Seule ombre au tableau, les irlandaises piaillent beaucoup trop.
Le frustration de ne pas pouvoir prendre de photos est énorme. Si ça n'avait tenu qu'à moi, ce bus ce serait arrêté au moins une centaine de fois.
Bref, arrivée à Galway, grosse déception : c'est moche. Enfin, entendons-nous bien, j'ai pas tout vu, mais bon, euh, bleh. Faut dire aussi qu'il fait pas beau. Et que je suis crevée, que j'ai mal partout, et que j'ai faim. Mais bon, posée à l'auberge (après avoir tourné 15 fois autour), je m'installe, je fais un skype avec mon lapin et ma famille et ca va un peu mieux.
Seul problème, j'ai pas fait 4 heures de bus les yeux équarquillés pour me retrouver coincée dans un petit bled. J'ai qu'une envie, prendre une culotte, mon appareil photo et faire la côte à pied, profiter de ce putain de paysage. Oui, je suis une autiste, j'ai pas envie de rencontrer des gens, j'ai juste envie de me retrouver toute seule avec les moutons.
Du coup, ce soir je planifie mon trip dans le Connemara, et je passerai la St Patrick au dessus des fjords, ouyeah. Bref je pense que j'irai au moins jusqu'a Clifden.
Sur ce, je vais étudier les horaires de bus, mon Routard et les réservations des zauberges alentour... Et râlez pas, les photos arrivent.
samedi 08 mars // 22:33
Bon, deuxième charge de la journée.
En sortant du Starbucks, remontée à bloc (ilnepeutplusriennousarriverdaffreuxmaintenant), je me dirige vers le quartier jeunébranché donc, j'ai nommé Temple Bar. Ici il est 18h et les pubs sont déjà blindés. mais quand je dis blindés, c'est que je pourrais pas passer un bras dans l'entrée. Impressionnant. Ambiance de fou, les gens dansent dans la rue, sont tous contents, de la musique live sort de chaque pub, oui bon c'est super cliché, mais j'y peux rien, c'est vrai.


On voit mal, mais derrière la vitre c'est un guitariste de dos dans un pub (il jouait "Wonderwall"). Avec des dizaines de gens hyper heureux devant lui.
Bref, je fais un grand tour de la capitale, je crois que j'ai couvert à peu près tous les quartiers intéressants.
De l'autre côté de la Liffey, j'ai réussi à tomber sur un Topshop (attention, instant fille), grand magasin de mode a très bas prix qui m'avait laissé un grand souvenir (et un shorty Union Jack) à Londres, et faut le dire, ouah, jcomprends pourquoi elles ont toutes la classe ici, trop facile. Bon bref pour continuer dans la grande tradition du shorty de chea Topshop je m'en trouve un avec des canards dessus. Désolée.
Pendant que je passe à la caisse, Big Ideas de Radiohead diffusée à bloc, euh, pas très vendeur, mais tain, classe ce pays.
Avec tout ça il se fait tard et les rues sont moins remplies, mais les pubs complètement encore plus blindés. Je commence à faiblir de la tête, les gens sont entre amis, s'amusent comme des oufs et je suis juste toute seule à errer dans la rue, et faut le dire, il y a quand même des "choses" qui me manquent très fort.
J'entre par hasard dans un disquaire et il se trouve qu'il y avait un show case au fond du magasin, j'ai pu profiter d'un petit groupe pop rock pour moi toute seule (ou presque) pour rien du tout dans un cadre sympa, c'est certes pas un pub mais ça reste presque typique :D
Complètement épuisée, je suis rentrée à mon auberge où j'écris ça depuis la salle commune, entre une boite de Pringles, la BBC1 à bloc ET le disque de Gossip qui tourne à fond. Normal.
A signaler aussi que je me suis très fortement surprise à avoir un sens de l'orientation finalement pas du tout si pourri que ça, voire limite bon, je me repère maintenant très bien dans le centre étendu de Dublin et ça sans carte. Mon légendaire sens de l'orientation inexistant serait-il en fait un cruel manque d'effort ? Je pense bien. Arf. Si ça se trouve je suis aussi un génie de l'astrophysique sans le savoir. Ou j'ai un don pour l'élevage de canaris.
Bref cet après-midi j'en ai pris plein les yeux (fallait bien ça pour les remplir à nouveau), mais la frustration ma bite, parce que franchement, découvrir plein de trucs, c'est cool, mais toute seule, gniiii.
Alors je compte bien vous gonfler avec mes histoires de canards, de guinness et de zieux gonflés le plus souvent possible, tant pis si vous lisez pas ? Ca me fait du bien.
Je mettrai aussi des photos, même si certaines choses sont inphotographiables (encore une frustration) comme le petit vieux tout seul au rayon Sexe d'une grande librairie ou le SDF réplique exacte de Tortue Géniale.
Demain, je traverse l'Irlande en bus pour rejoindre Galway. Ce soir, je teste pour vous les douches (avant que ne rentre la viande saoule vers 2h du matin), et je me couche avec le dernier épisode de Lost amoureusement chargé dans mon macbook ce matin par mon attentionné gros truc poilu.

Bon, vous n'êtes peut-être pas sans savoir que ce semestre, je me suis lancé le "petit" défi de partir seule en Irlande (plus précisément à Galway) et d'y trouver une colloc et un taf.
Ce matin donc, grand départ, après 3 ou 4 jour de divers problèmes corporels stupides : fuites des yeux, perte d'appétit, sommeil inexistant... et autres joyeusetés.
Ce fut donc mon groulapin (ouai, je serai neuneu, et je vous emmerde) qui m'emmena à l'aéroport de Bâle-Mulhouse ce matin. Etant bien en avance, nous avons donc passé 2 heures d'attente avant l'embarquement qui n'ont comme qui dirait pas été très faciles.
Je vous passe les détails du moment de la séparation, toujours est-il que j'ai embarqué la dernière, les yeux gonflés comme des knacki-balls, et que j'ai eu la bonne idée de m'asseoir à côté d'un couple de suisses complètement neuneus qui ont achevé de vider mon corps de toute substance aqueuse qui pouvait y rester. Non mais c'est quoi ces gens qui se font des bisous devant tout le monde ? Répugnant.
Bref, une lecture du chapitre "Dublin" de mon Routard et une écoute du disque de Pepe (un quebecois complètement joussif - merci lapin pour l'antidéprime...) plus tard, il est l'heure de se poser à Dublin, mais nous mettons un quart d'heure à atterrir, à cause de violentes turbulences qui, bien sûr, ne m'ont rien fait du tout - genre j'ai peur en avion, moi.
Et on a même eu droit aux applaudissements à l'atterrissage. Youpi.
Je suis sortie de l'aéroport en un temps record, hop bagage, hop taxi, hophophop, aie mes yeux, aie ma tête, et pan le chauffeur qui met la radio à fond, un commentateur sportif (foot ? je ne sais pas) sous speed. Jesuisoukeskimarive ? Bon, à ce moment précis, faut le dire, je comprends rien à ce qui m'arrive.
Posée à l'auberge de jeunesse en plein centre de Dublin, je teste mon adaptateur électrique (ouai ! ca marche), j'ouvre mon macbook (et pan un petit polaroid surprise caché à l'intérieur - ah tiens, il me restait de l'eau dans les yeux en fait), je teste le wifi (ouaii, ca marche), je signale au monde que je vis encore, je range mon bordel sous le lit et je sors ma carcasse explosée dans le monde cruel du dehors.
Pour ce qui est du choc culturel, mizapar que tain, ils parlent tous anglais, merde, faut se concentrer pour comprendre, il faut aussi signaler que han, les filles ici, elles ont grave la classe. Je me sens comme un oiseau moche tombé du nid dans un lac de cygnes.
Sinon comme prévu, le temps c'est n'importe quoi, où comment passer d'un grand soleil à des grosses gouttes (je savais même pas que ça se fabriquait des gouttes de cette taille - genre pluie de toon) en 1 minute chrono.
Bon signe sûrement, les français ne reconnaissent pas tous que je suis des leurs quand je leur parle en anglais. Plutôt agréable à constater.
Ah et puis parce que c'est important, j'ai mangé aussi. Dans un petit machin tenu par des gros hippies, une délicieuse soupe aux pois chiches, carottes et boeuf tout fondant, pour pas cher du tout, et j'ai même pas pu finir.
Bref, complètement en manques de repères quand même, j'écris tout ça depuis un Starbucks situé au dessus d'un magasins de fringues qui me semble bien être le grand temple de la putafrange irlandaise. Un café, un macbook, un morceau de Kings Of Convenience (z'ont bon goût ici didonc) et tout va bien. (que c'est beau l'autoconviction)
Là-dessus, je vais me bouger et continuer mon tour dans le quartier de Temple Bar (quartier jeunébranché). Mgn, vraiment bizarre de faire la touriste seule. Personne avec qui partager, c'est... frustrant. Et un peu triste aussi.
This pavé is over, à bientôt ! (et un bisou à tous mes fans :D)